
L’assurance chômage connaît deux évolutions majeures ce mois-ci : un assouplissement des conditions d’accès pour les primo-entrants, effectif dès le 1er avril 2026, et une réforme en cours concernant la durée d’indemnisation des salariés en rupture conventionnelle.
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- Rappel des règles de droit commun
Pour bénéficier de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), tout demandeur d’emploi doit remplir plusieurs conditions, dont une condition d’affiliation minimale.
Concrètement, il faut justifier d’au moins 130 jours travaillés (ou 910 heures), soit 6 mois, appréciés sur une période de référence appelée la période de référence d’affiliation :
- 24 mois pour les salariés de moins de 55 ans
- 36 mois pour les salariés d’au moins 55 ans
- Ce qui change au 1er avril 2026
Depuis le 1er avril 2026, la condition d’affiliation minimale pour les primo-entrants est abaissée à 108 jours travaillés (ou 758 heures), soit 5 mois au lieu de 6 mois.
- Qui sont les primo-entrants ?
La convention d’assurance chômage introduit une définition des primo-entrants : il s’agit des salariés privés d’emploi ne justifiant pas d’une précédente admission au titre de l’ARE dans les 20 années précédant leur inscription comme demandeur d’emploi.
En pratique, cette définition vise les cas suivants :
- les jeunes qui arrivent sur le marché du travail après leurs études ;
- les personnes qui reprennent une activité après une très longue interruption de carrière ;
- les salariés ayant enchaîné plusieurs contrats courts sans avoir atteint jusqu’ici les 6 mois requis.
💡Comparaison utile : ce régime dérogatoire rejoint celui déjà applicable aux travailleurs saisonniers, qui bénéficient eux aussi d’une ouverture de droits à partir de 108 jours travaillés (ou 758 heures).
Rupture conventionnelle : bientôt une durée maximale d’indemnisation chômage plus courte
- Les règles actuelles
A ce jour, le motif de rupture du contrat de travail n’a aucune incidence sur la durée d’indemnisation chômage. Qu’il s’agisse d’un licenciement pour motif personnel, d’un licenciement pour motif économique, d’une fin de CDD ou d’une rupture conventionnelle individuelle (RCI), les mêmes règles s’appliquent.
- Le projet de réforme
La réforme est issue d’un avenant au protocole d’assurance chômage conclu entre les partenaires sociaux le 25 février 2026. Cet avenant prévoit une durée maximale d’indemnisation plus courte pour les salariés ayant bénéficié d’une rupture conventionnelle.
À ce stade, les durées maximales envisagées seraient les suivantes :
- pour les salariés de moins de 55 ans : 15 mois maximum au lieu de 18 mois
- pour les salariés d’au moins 55 ans : 20,5 mois maximum au lieu des durées actuellement applicables comprises entre 22,5 et 27 mois selon l’âge
⚠️ Une protection pour les seniors est prévue : les plus de 55 ans pourraient demander une prolongation pour atteindre les durées normales.
La mise en œuvre de cette réforme nécessite une modification législative afin d’ajouter la rupture conventionnelle à la liste les critères autorisés pour moduler la durée d’indemnisation. Le Sénat a adopté cette modification le 1er avril 2026. Le texte doit désormais être examiné par l’Assemblée nationale.
A ce stade, une entrée en vigueur en septembre 2026 est envisagée.
Pourquoi cette évolution ?
La rupture conventionnelle se distingue fondamentalement des autres modes de rupture par son caractère consenti. De plus, les données disponibles démontrent que les bénéficiaires de ces ruptures sont :
- Majoritairement titulaires d’un CDI avec plus d’un an d’ancienneté
- En moyenne plus qualifiés, donc plus enclins à retrouver rapidement un emploi
💡 Comparaison utile : cette logique de différenciation selon le contexte de rupture existe déjà, de manière plus limitée, avec un différé spécifique réduit à 75 jours en cas de licenciement économique (au lieu de 150 jours dans la plupart des autres cas).
En résumé
Ces deux réformes traduisent une tendance de fond : adapter progressivement le système d’assurance chômage aux différentes situations des demandeurs d’emploi, qu’il s’agisse de leur parcours antérieur ou du contexte de la rupture du contrat de travail.










